Par définition, une ville est un regroupement d’au moins 2000 personnes. En Espagne, c’est une forte crise démographique qui termine le xvie siècle et se prolonge durant les trois ou quatre premières décennies du xviie. La vie sous l'ancien régime est précaire et la naissance est un moment difficile. Tous recevaient un salaire mixte, en argent pour environ à la moitié du total, et en nature pour le reste, des vêtements, des chaussures, du blé (7 hl), de l’huile et du lard et parfois une petite pièce de terre à cultiver ; certains d’entre eux étaient logés. L'endettement crée des rapports assez ambigus dans la société, si on doit de l'argent à son voisin, il peut nous demander des services toute notre vie et on devra les faire. Une question très actuelle La question des motifs du choix de vivre à la campagne, qui sont généralement guidés par des convictions personnelles, est sujet d’une attention particulière chez ceux et celles qui étudient le phénomène de la … Et si les rentes restèrent fixes, au cours du troisième quart du siècle, la pratique du droit d’entrée (entry fine) fut liée à l’évolution économique : des tables destinées à calculer les droits d’entrée à appliquer furent publiées et elles étaient à la disposition des seigneurs et de leurs régisseurs. Même s’il est difficile d’en donner le nombre exact ou même approximatif, on peut facilement penser qu’ils sont nombreux et que le phénomène est probablement plus important qu’en France. Le meilleur exemple de cette attitude est peut-être celui de don Gonzalo Muñoz Treviño de Loaisa, regidor perpétuel de Ciudad Real, mort en 1670, dont la propriété ne dépassait pas 180 ha qu’il cultivait avec 80 paires de bœufs et 3 de mules, mais qui avait privilégié l’élevage. En cliquant sur OK, vous acceptez que Pimido.com utilise des cookies ou une technologie équivalente pour stocker et/ou accéder à des informations sur votre appareil. Le yeoman tient indistinctement sa terre en freehold, en copyhold et en leasehold mais il a le plus souvent au moins quelques parcelles en freehold. Coiffure femme 17eme siecle. 35Parler de la société rurale anglaise au xviie siècle pose les mêmes questions théoriques qu’en Espagne ou en France. Mais de 1880 à 1914, une dure dépression ébranle le monde paysan, pro… Aux marges de la société : pauvres et pauvreté, Le vigneron, la viticulture et la vinification, Marchands du Dauphiné à Bayonne et dans sa région au milieu du, Suggérer l'acquisition à votre bibliothèque. Même concentration et même croissance en ce qui concerne les moutons : à Fuentes de Nava, en Tierra de Campos, sur environ 220 familles, 24 éleveurs possèdent 2008 moutons en 1630 ; ils ne sont que 17 en 1676, mais avec 6839 bêtes alors que les ordonnances municipales, théoriquement toujours en vigueur, empêchaient d’en avoir plus de 70 ! cit., p. 154-158 et 418-435 ; Brumont Francis, « Société rurale et production agricole (xvie-xviie s.) », Sarasa Sánchez Esteban et Serrano Martín Eliseo (dir. On est donc dans une situation de propriété partagée dans laquelle on ne peut raisonner à partir de l’opposition entre posséder/ne pas posséder mais où il faut imaginer toute une série de niveaux de propriété différents, des plus complets aux plus ténus sur les domaines et les fiefs. Familia y reproducción social en la Sierra. Ces remarques faites, on peut élaborer une typologie générale pour la société rurale. Il en va de même dans les régions de montagne : dans la Sierra de Alcaraz, en 1753, plus de la moitié des habitants ne possèdent ni terre (51 %), ni animaux de trait (78 %), ni gros bétail d’élevage (51 %), ni menu bétail (56 %) et parmi cette petite moitié qui élève des moutons, la moitié en a moins de 5. ), Campagnes de l’Ouest, stratigraphies et relations sociales dans l’histoire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 552 p. 33 Lepetit Bernard, « Histoire des pratiques, pratique de l’histoire », Lepetit Bernard (dir. De 1815 à 1852, la vie agricole est dominée par la tradition, sous le signe du surpeuplement et de la misère, avec des progrès en fin de période; la période de 1852 à 1880 est synonyme dapogée des campagnes, temps de progrès techniques, de réels changements et de prospérité. « Marchand-laboureur », il vend des grains (les siens et aussi ceux qu’il achète à moins aisé que lui) et aussi du bétail, bœufs ou chevaux. Pour le reste, il prend différentes formes. Les sociétés rurales. Faute de données sûres, on peut considérer que ce chiffre soit également applicable au xviie siècle. Comme le yeoman anglais, il fait instruire ses enfants et peut trouver des alliances matrimoniales dans des catégories supérieures à la sienne. Les historiens ruralistes français ont largement décrit le cadre de vie et les activités des paysans français d’Ancien Régime : un horizon le plus souvent limité au triptyque classique constitué par la famille, la paroisse et la seigneurie, la nécessité de recueillir des grains d’abord pour survivre et aussi pour s’acquitter de ses taxes envers le roi, le clergé et le seigneur, des possibilités d’ascension sociales somme toute assez limitées et, au xviie siècle surtout, la crainte des trois fléaux récurrents que furent la guerre, la famine et l’épidémie. Tous ont en commun de travailler une exploitation moyenne ou petite (5-15 ha ou jusqu’à 30 en pays de grande exploitation) et d’en vivre. ), Señores y campesinos en la península ibérica. Certains tenanciers des terres non libres sont soumis à des obligations personnelles par rapport au lord du manoir : an entry fine quand ils héritent du sol ou l’acquièrent, a heriot quand le tenancier meurt. Soit la ville de Paredes de Nava, toujours en Tierra de Campos, et ses quatre paroisses. La généralisation des enclosures et donc la disparition progressive des communaux et des pratiques collectives entraîna d’importants changements au sein de ces populations. 8 Rubio Pérez Laureano, « Pequeña explotación y campesino acomodado en León durante el Antiguo régimen : de la consolidación estructural y el crecimiento del siglo xviii a las transformaciones capitalistas del xix », Saavedra Pegerto et Villares Ramón (dir. Conjoncture économique et démographique et structure sociale dans une région de grande culture de la crise du xviie siècle à la stabilisation de la Révolution (1640-1795), Paris, CTHS, 1989, 664 p. 37 Molinier Alain, Stagnations et Croissance. 28 Cité par Bernard Cottret, Histoire d’Angleterre, xvie-xviiie siècle, Paris, PUF, 1996, p. 117. ANTOINE, Annie ; BROAD, John ; et BRUMONT, Francis. Les chefs de feux situés dans la catégorie intermédiaire – dans le Beauvaisis, ce sont les fameux « haricotiers » – ne sont pas assurés de pourvoir toujours maintenir leur position : ils risquent de ne pas réussir à nourrir leur famille, à payer leurs taxes, et donc, à garder leur statut de résidants. 13 Pérez Álvarez María José, La Montaña noroccidental leonesa en la Edad Moderna, León, Université, 1996, p. 171-186. La réalité est plus nuancée. 63L’autre forme d’évolution qui affecte la société rurale anglaise au xviie siècle est liée à la croissance des villes et tout particulièrement de celle de Londres31. Pour la plupart, il s’agit d’un temps d’apprentissage avant le mariage. 23Mais ce ne sont pas là les seuls revenus dont disposent nos « principaux » : location de terres et maisons, rentes constituées, bons du trésor (juros), prêt à intérêt, affermage de revenus divers, municipaux, seigneuriaux ou royaux, de dîmes, administration de seigneuries, de commande-ries des ordres militaires, de biens en tutelle ou curatelle, etc. 74C’est incontestablement la catégorie la plus nombreuse, la plus diverse mais aussi la plus largement représentée. 29 La description des catégories du monde rural qui suit est issue des ouvrages généraux cités en fin de chapitre. Les familles riches ont une aisance ancienne et solide ; il s’agit de dynastie dont il suit la trace depuis le xve siècle. Photo: Au P’tit bonheur de Saint Camille – crédit: Patrice Halley. Ce grand tableau fut réalisé à la fin du règne de Louis XIII, comme latteste linscription « LENAIN. Beaucoup plus courant est l’élevage des ovins puisque sur les 57 éleveurs qui le pratiquent, 44 possèdent plus de 500 têtes et 17 plus de 2 000. 39De l’héritage médiéval, subsiste dans l’Angleterre du xviie siècle la division entre tenures libres et tenures non libres24. 51Comme pour la France ou l’Espagne, on présentera ici un tableau qui n’a rien de très original et qui montrera qu’il y a, dans la société rurale, des riches, des moyens et des pauvres. Les cultures se repliant sur les meilleures terres, les rendements moyens devraient augmenter sans apport supplémentaire de travail. Depuis 1641, les signatures accompagnées de date, jusque-là sans exemple chez les Le Nain, se multiplient. 38On s’attachera particulièrement à ce qui fait la différence avec la France ou l’Espagne. 25Pour terminer, il faut nous interroger sur le mode d’exploitation des grands domaines des élites de la Manche au xviie siècle : pourquoi une si large proportion d’entre eux font valoir par eux-mêmes au lien de donner leurs terres à ferme ? On sait en effet que la baisse des salaires est moins rapide que celle des prix, surtout en période de baisse de la population. 58Les labourers (ne surtout pas confondre avec ce que l’historiographie rurale française appelle « laboureurs », ce sont des journaliers qui correspondent assez bien à la définition qu’en donne Vauban en France) sont des travailleurs salariés payés à la journée ou à la semaine ; ils vivent à la limite de la pauvreté et doivent parfois bénéficier de la Pour Tax (voir chapitre sur les pauvres). Son idée principale, celle selon laquelle le paysan anglais contrôle beaucoup mieux sa terre parce qu’il a le pouvoir de décider que sa propriété sera partagée après sa mort et la liberté de la vendre ou de la donner de son vivant, cette idée n’a pas été sérieusement prouvée. [...] Il y a une pression fiscale royale au XVIIe siècle. Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search. La terre et les paysans en France et en Grande-Bretagne de 1600 à 1800, Paris, Éditions du Temps, 1998, p. 99-136. Ce mouvement est engagé dès la seconde moitié du xviie siècle mais il ne faut pas pour autant exagérer le mouvement de disparition des petites fermes familiales qui restent nombreuses dans l’Ouest et le Nord du pays. S’il s’agit de terres irriguées ou partiellement irriguées, les chiffres sont beaucoup plus bas : les plus frugaux, les morisques de la huerta de Valence pouvaient vivre avec 0,66 ha, mais quand ils furent remplacés par les chrétiens, après leur expulsion en 1609, ceux-ci eurent besoin du double7. Sans quitter la péninsule, voici le cas de la Catalogne où l’on assiste, dès le xvie siècle à la concentration des domaines (masos ou masies) entre les plus riches pagés (paysans) que, dès le xviie siècle, certains n’hésitent pas à comparer aux hidalgos castillans, leur octroyant ainsi une certaine noblesse. C’est essentiellement ce personnage dont les historiens ont fait leur « coq de village ». Naître, vivre et mourir en France au XVIIe siècle Naître et être jeune 1.1 ) La naissance A cette époque les conditions de l'accouchement étaient très délicates. Certains auraient bien voulu voir instaurer le droit d’aînesse, comme le montre la présence de deux ouvrages sur ce sujet chez un de nos laboureurs, mais cela n’était pas possible. La pratique de l’endogamie matrimoniale permettait de sauvegarder certains patrimoines. En l’absence d’informations, les données qui suivent sont extraites de cet ouvrage. En mixant tout cela, les historiens du monde rural ont construit des catégories permettant de « classer » tous ces paysans. Parmi ces journaliers, beaucoup exerçaient une autre activité et notamment, les petits paysans. Si la religion est encore très présente dans la vie de tous les jours, l’époque où l’on brulait les hérétiques et terminée. Mais la manière de tenir la terre a une signification sociale. 15 Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille…, op. Mais comme cela a déjà été observé pour l’Espagne et pour l’Angleterre, si la construction d’un modèle pour l’ensemble du pays est nécessaire elle est aussi dangereuse : en effet, les différences régionales sont considérables et les hiérarchisations sociales n’ont de sens que rapportées à des modèles agraires régionaux. [...]. 252 m² et 90 m², plus de 800 m² de dépendances sur une parcelle de plus de 3.5 Ha. J’ai passé toute mon enfance à la campagne, ma femme a vécu à la ville. 27En théorie, cet allégement de la pression démographique devrait avoir des conséquences favorables sur l’économie rurale en permettant une hausse de la productivité agricole, puisque les mauvaises terres que l’on avait dû mettre en culture dans la deuxième moitié du xvie siècle pouvaient retourner à la friche ou à la pâture. Elles tiennent à trois raisons : les modifications du statut de la terre (ce qui a déjà été évoqué), le phénomène des enclosures et le développement du marché. Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, 9e période - Condorcet (1793) - En quoi cet extrait illustre-t-il l'esprit des Lumières et la pensée révolutionnaire ? La mortalité enfantine est certes plus importante dans les couches modestes de la population, mais ce n'est pas un facteur si déterminant que cela. Famille, mariage et transmission des biens à Pozuelo de Aravaca (1580-1640), Madrid, Casa de Velázquez, 2000, 362 p. Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille aux xvie et xviie siècles, Madrid, Casa de Velázquez, 1993, 502 p. García González Francisco, Las Estrategias de la diferencia. Un certain nombre d’entre eux cependant sont fermiers, pour tout ou partie de leur exploitation ; c’est ce que montrent les inventaires de ces laboureurs, 320 au total pour la Manche, dont les deux cinquièmes possèdent moins de 25 ha. Antoine, A., Broad, J., & Brumont, F. 2006. Tout d’abord parce que la loi commune gagne du terrain par rapport aux coutumes des seigneuries : le système des tenures fee ou for life, qui a d’abord été fait pour les terres libres, tend, au cours du xvie siècle, à être appliqué à des terres tenues en copyhold. L’Ascension d’un patronat agricole (xve-xviiie siècle), Paris, Fayard, 1994, 1072 p. 40 Jacquart Jean, La Crise rurale en Île-de-France, 1550-1670, Paris, A. Colin, 1974, 800 p. 41 Lemarchand Guy, La Fin du féodalisme dans le pays de Caux. Le père Noël : au début du XIXème siècle, les gens disaient que c'était le petit Jésus qui distribuait les cadeaux. La superficie ensemencée diminua de 40 %. Vous pouvez paramétrer vos choix pour accepter les cookies ou non. 24Même si le faire-valoir direct domine parmi notre élite, un certain nombre d’entre eux donnent leurs terres en fermage, comme les institutions ecclésiastiques. On constate, en effet, une diversification de la production : la vigne connaît un regain d’intérêt certain, marqué par de nouvelles plantations, l’élevage des moutons qui était difficile sur ces terres entièrement vouées au grain connaît une croissance marquée, et les ordonnances municipales qui limitaient le nombre d’animaux que chacun pouvait posséder tombent en désuétude. Second point qui rapproche l’Angleterre des deux autres pays : le seigneur (the lord of the manor) joue un rôle important dans l’organisation de la vie rurale au moins au début de l’époque moderne (monopoles seigneuriaux, justice, police des champs) ; ceci est évoqué dans le chapitre sur les cadres de la société rurale. Inversement, les cottagers sont classés avec les pauvres ; ils possèdent seulement moitié plus que les journaliers, ce qui est très pauvre pour G. King. Ils louaient quelques petites parcelles de terre, en fermage ou à moitié, et élevaient quelques animaux. The Transformation of the Agrarian Economy, 1500-1850, Cambridge, CUP, « Cambridge Studies in Historical Geography, 23 », 1996, xiv-258 p. Ruggiu François-Joseph, L’Angleterre des Tudors et des premiers Stuarts, 1509-1660, Paris, SEDES, 192 p. Scott William, The Peasantries of Europe, from the Fourteenth to the Eighteenth Centuries, Londres/New York, Longman, 1998, 416 p. Wrightson Keit, English society, 1580-1680, New Brunswick, Rutgers University Press, 1992, 1246 p. Barbazza Marie-Catherine, La Société paysanne en Nouvelle-Castille. Le paysan le plus aisé y est le métayer (comprendre par là celui qui exploite une exploitation appelée métairie) : il possède l’attelage et la charrue et il laboure pour le closier qui n’a ni bêtes de trait ni matériel autre qu’à bras. Paris profite de cette nouvelle effervescence et devient une capitale culturelle européenne. Les gros producteurs tournés vers le marché réagissent sans tarder à ces incitations. Mais, ce groupe est loin d’être homogène, ce qui apparaît évident avec une telle masse de population. 1642. L’étude d’inventaires après décès dans le Sussex donne des rapports de richesse allant de 1 à 5 entre eux et les yeomen. Pour en savoir plus, consultez notre Politique de confidentialité. Au cours du XIXe siècle, les campagnes changent de visage, selon une chronologie en trois temps qui ne rend compte ni de la diversité régionale ni de lhétérogénéité. Inversement, il existe des laboureurs pauvres. Consulte tous nos documents en illimité ! xvi-xviii), Ciudad Real, Instituto de Estudios Manchegos, 1986, p. 283. C - 13013 Marseille FranceVous pouvez également nous indiquer à l'aide du formulaire suivant les coordonnées de votre institution ou de votre bibliothèque afin que nous les contactions pour leur suggérer l’achat de ce livre. Plus souvent, ces laboureurs moyens ont une exploitation plus équilibrée, combinant élevage, culture céréalière et viticole et quelques activités annexes, comme le commerce des denrées agricoles, le prêt d’argent ou de denrées, le transport. Conditions générales & politique de confidentialité. Publication dans Histoire et Sociétés rurales, 10 et 11, 1998 et dans la Bibliothèque d’histoire rurale, 1999. Afin d’échapper à la misère, de nombreux paysans quittent la campagne pour aller travailler en ville. Magnifique Logis du 17ème siècle, rénové, comprenant deux habitations. Ce souci de tout voir par lui-même en fait le « prototype du bourgeois campagnard », il lui valut une forte inimitié de la part de son fils qui voulait vire en rentier21. De plus, les évêques ont poussé les curés à enregistrer l'enfant dans les 24 heures. ), la transaction est enregistrée à la cour manoriale : le tenancier reçoit une copie de son entrée et la tenure en villainage devient progressivement un copyhold ce qui signifie que la terre est tenue by custom of the manor and by copy of court roll. [...], [...] L'artisan réclame une somme d'argent en échange. Détails Institutions. Parmi la rémunération des bergers figurait souvent le droit d’inclure dans le troupeau du maître un certain nombre d’animaux. 30Or, ce qui s’est produit au cours des crises des années 1590-1630, et se consolide par la suite, c’est la concentration de la terre, et donc de la production, par le biais d’héritages et d’achats entre les mains des paysans les plus aisés au détriment des couches moyennes de la paysannerie. 60Les évolutions sont particulièrement importantes en Angleterre. Pour le royaume d’Aragon, les sources sont plus localisées et se composent surtout, outre les documents notariés, de terriers de seigneuries (capbreus). Dans le Beauvaisis du xviie siècle, ces « indépendants » mettent en valeur plus de 10 ha ; ils sont des entrepreneurs de culture pourvus d’un capital d’exploitation, ils utilisent des salariés, ils sont alphabétisés et appartiennent au corps politique. C’est essentiellement un homme des openfields du Nord de la France (l’Île-de-France étudiée par Jean Jacquart40 et Jean-Marc Moriceau, le Pays de Caux de Guy Lemarchand41, le Beauvaisis céréalier de Pierre Goubert). 17Ces différentes catégories se retrouvent, dans des proportions diverses, dans toutes les régions d’Espagne et d’ailleurs ; elles forment toujours une forte proportion des effectifs des villages. Il apparaît comme le type même de l’électeur rural et une partie des leasholders se fait aspirer par ce statut puisqu’il suffit de disposer d’un bien évalué à 40 shillings pour être autorisé à voter.